Marie MC COURT

Réalisatrice

Marie a réalisé le court-métrage « I WAS STILL THERE WHEN YOU LEFT ME » dans le cadre de son projet de fin d’études. Ce projet dans lequel elle s’est particulièrement investie a été primé de l’Oscar étudiant.

Au cours de cette entrevue, Marie nous parle du parcours de son film, de sa conception, de son financement et des contraintes sur le scénario, qui ont rythmé un parcours haut en obstacles au cours duquel, Marie a acquis une certaine maturité artistique et professionnelle.

Marie nous fait partager aussi l’envers du décor de la distribution de son film dans les festivals.

Maëlle VABRE : Quelle est ta définition de « réaliser » ?

Marie MC COURT : La réalisation est pour moi une façon de retranscrire une certaine vision du monde, un rapport avec lui, des émotions. Je pense que le mensonge ne trouve aucune place dans le processus de réalisation, car cela dévoile toute ton intimité, ta manière de penser et de voir les choses, et c’est impossible à camoufler de mon point de vue.

Selon moi, réaliser c’est exposer les profondeurs de ton être par le monde que tu crées, c’est également un vecteur de lien profond avec le public qui offre une voie de communication assez agréable.

M.V : Quel est ton  parcours ?

M.C : J’ai tout d’abord passé mon baccalauréat à Paris, puis j’ai fait une mise à niveau en arts appliqués. Cela m’a menée à un BTS en graphisme, mais cela ne m’a pas plu.

Le travail était trop concret à mon goût, trop « derrière l’écran ». J’avais vraiment besoin de maintenir un certain lien avec les autres, bouger, communiquer, échanger… J’ai donc arrêté ce cursus et j’ai été travailler chez Sandro. Après quelques économies, je suis partie seule en voyage pendant six mois.

Je me suis rendue en Chine. C’était difficile de créer du lien, puisque la barrière de la langue était présente. Alors j’ai résolu le problème : je me suis achetée une caméra, pour prétexte de communiquer. De plus, cela  me permettait de transmettre une partie de mon voyage à mon entourage resté en France.

M.V : As-tu rencontré des personnes particulières au cours de ce voyage ?

M.C : Quand je suis partie, j’avais 22 ans. Je manquais de maturité, et je n’étais pas vraiment consciente du monde dans lequel je vivais. En Chine, j’ai rencontré pas mal d’artistes qui prenaient un véritable plaisir à s’exprimer et s’épanouissaient dans leur domaine. Ils m’ont beaucoup inspirée.

Mais j’ai rencontré ce mec en Corée, plus ou moins DJ. Je dis plus ou moins, car son travail c’était du Video-Jockey , du mixage vidéo en direct, plutôt que du travail audio seulement. Il m’a emmené en soirées dans lesquelles il y avait du Vjing.

En boites, son art procurait une expérience immersive de folie, grâce à ces images qui jouaient en fonction de la musique. Il appuyait également sur ses interprétations musicales. Tu pouvais y expérimenter tes sens d’une manière différente grâce à la vue, à l’ouïe, et encore une fois, cela donne vraiment une sensation d’immersion que tu n’oublies pas.

Cette expérience m’a touchée, et m’a véritablement inspirée. Depuis que j’ai vécu cela, je cherche à plonger mon spectateur dans la même expérience, quoique par des moyens différents. Je veux avoir l’impression de prendre le spectateur par la main afin de le plonger dans l’histoire.

M.V : Qu’as-tu fait après ce voyage ?

M.C : Encore secouée par l’expérience du Vjing, je me suis inscrite à une formation dans ce domaine, mais je n’ai pas été retenue. Alors je me suis retrouvée sans la moindre formation en septembre. Ayant échoué à mon BTS faute de motivation, je ne pouvais pas passer les concours des écoles de cinéma, et j’étais vraiment bloquée. Alors j’ai décidé de me retrousser les manches afin de passer mon BTS en candidat libre, et j’ai réussi.

En parallèle, j’ai donc pu préparer les autres concours qui concernaient cette fois les écoles de cinéma. Je me suis cependant cantonnée aux écoles publiques, tout simplement, car je considère l’éducation comme un droit fondamental, et par conséquent, je trouve que l’idée de faire payer l’instruction n’est pas juste.

Malheureusement pour les élèves, ils viennent mettre de l’argent, et je doute vraiment qu’ils reçoivent un enseignement de qualité en retour. Donc en plus d’être contre l’école payante, je pense que cela ne vaut pas le coup de le faire. Finalement, pendant que j’essayais d’être prise à l’école de Luc Besson, j’ai rencontré un gars qui m’a orientée vers l’IAD une école située en Belgique.

Donc je ne suis pas prise à l’école de Luc Besson, et ce gars me demande si je me suis inscrite à l’IAD. Curieuse, je vais visiter leur site, et je me rends compte que c’est le dernier jour pour tenter ma chance, alors je me suis dépêchée de tenter le concours. 

Je t’avoue que je n’ai pas calculé mon départ éventuel en Belgique, j’ai juste tenté et j’ai intégré l’IAD. Alors j’ai entrepris mon master en réalisation à l’IAD en Belgique, et je vis encore en Belgique aujourd’hui.

M.V : Un master, c’est combien de temps dans cette école ?

M.C : C’est 5 ans.

M.V : Et tu les as enchaînées ?

M.C : Oui, j’ai fait les cinq années.

M.V : Tu as réalisé le court métrage « I WAS STILL THERE WHEN YOU LEFT ME » pour ton projet de fin d’études, comment s’est passé le procédé ?

M.C : Lors de la quatrième année, on doit écrire deux fins d’études : un projet de fin d’études documentaire et un de fiction. Ensuite, on passe une commission : des professeurs de l’école et des intervenants extérieurs viennent décider de quels projets méritent d’être financés. Comme à la commission du film… sauf qu’on est encore à l’école… (Il faut savoir que sur tous les élèves de quatrième année, seulement 5 ont le droit de faire une fiction). 

Et j’ai réussi à passer la commission in-extremis, j’étais la 5e, avec une note de : 10,1/20.

M.V : As-tu été soumise à des contraintes concernant ton scénario ?

M.C : La définition de scénario change plus ou moins selon le point de vue. Pour les membres de la commission, cela représente une continuité dialoguée. Cela m’a plutôt restreint dans ma manière de travailler. Cependant, j’ai appris grâce à cette contrainte que je préférais écrire un « traitement », alors j’ai décidé d’apprendre cette manière d’écrire.

Cela me permet d’être beaucoup plus libre, puisque je peux travailler l’improvisation et les dialogues avec les comédiens.

M.V : « Écrire un traitement ? » Peux-tu m’expliquer ce que cela veut dire ?

M.C : Cela signifie que tu n’écris pas les dialogues. C’est-à-dire : tu as toutes les actions du film, tu sais exactement tout ce qui va se passer, et ensuite avec les comédiens, tu cherches les scènes. Les scènes sont écrites, mais tu dois encore les chercher. 

Cela ne signifie pas que tu ne connais pas l’univers de ton film ; c’est simplement une autre manière d’aborder ton scénario. 

C’est normal que tu aies des contraintes, et l’école impose la sienne parce qu’elle finance le film, ce qui est assez rare pour un projet de fin d’études. Elle impose donc un certain cadre à respecter. Mais après tu vois, cela m’a permis de me rendre compte que ce n’était pas forcément ce cadre au sein duquel je m’épanouissais. Parce qu’il y a certains moments où la manière dont j’avais envie de travailler et le cadre entraient en conflit, j’ai donc dû trouver des solutions. C’est de cette façon que je me suis construite.

C’est peut-être ça qui m’a permis de savoir ce dont j’avais besoin, ainsi que la façon dont je voulais travailler, parce que je ne m’en serais peut-être pas rendu compte sinon. J’ai encore toujours un peu ce sentiment-là.. de ne plus savoir travailler.

M.V : Quel est le meilleur investissement que tu as fait sur ce film-là ? 

M.C : Ma monteuse et moi avons toutes les deux mis beaucoup d’énergie dans la reconstruction du film. Et cela m’a bien servi, puisque j’ai vraiment l’impression que cette étape m’a permis de trouver une certaine identité, une manière à moi de raconter une histoire. Sinon, je pense que mon meilleur investissement a été de suivre mon intuition tout au long de mon projet.

M.V : Aurais-tu un exemple à ce propos ?

M.C : Quand j’ai dit, « je veux faire un film sur un incendie », du point de vue d’une enfant ; tout le monde m’a dit : « non mais t’es folle, faut pas faire ça ». En fait, j’étais tellement persuadée que c’était ce film que je devais faire, qu’il était important et me correspondait que mon intuition me guidait dans ce choix. Je n’ai donc rien lâché et j’ai tenu. Bien sûr que j’avais peur, mais pour bien d’autres raisons.

Avoir tellement l’intuition que c’était ça que je devais faire, ça m’a vraiment tenu en haleine pendant tout le long du tournage. 

M.V : J’ai vu dans tes interviews que tu avais fait le choix de prendre des acteurs débutants. Comment arrive-t-on à diriger des acteurs débutants ?

M.C : C’est de leur raconter l’histoire pour qu’ils puissent se l’imaginer en dehors du cadre du scénario, c’est-à-dire à construire tout un hors-champ en dehors de l’histoire pour qu’ils puissent y exister. Ils doivent aussi s’exprimer complètement comme les personnages, parce qu’ils les connaissent. 

J’ai passé beaucoup de temps au casting à discuter avec eux, apprendre à les connaître, pour savoir comment ils se percevaient, comment ils expérimentaient le monde. Finalement, pour voir si déjà on arrivait à communiquer, à se comprendre, et comment ils étaient touchés par l’histoire, s’ils comprenaient le monde dans lequel l’histoire était ancrée. Et surtout s’ils avaient une bonne compréhension de tout ça pour voir comment eux allaient pouvoir s’intégrer à cette aventure, à l’histoire. Je crois que le jeu, c’est aussi beaucoup de lâcher-prise. Du coup, c’était important pour moi de voir aussi si les comédiens que j’ai choisis en étaient capables. 

Par exemple, Anae est une danseuse. Elle comprend ce que ça veut dire de monter sur scène et de changer d’identité. Se dire : « OK, je lâche prise maintenant, je ne suis pas dans le contrôle, et je vais laisser mon corps s’exprimer ». Aussi, il y avait un autre acteur qui s’appelait Rashad, et puis Joël. Rashad c’est un danseur, Joël il fait de la musique, ces deux domaines exercent une influence dans une carrière d’acteur.

Et comment je les ai dirigés, j’ai également beaucoup réécrit les personnages en fonction d’eux pour qu’ils puissent se reposer sur des éléments qui leur étaient familiers afin de jouer. Cela me plaisait aussi de prendre des acteurs non professionnels, parce que je me disais que j’allais pouvoir incorporer des détails de la réalité en les filmant. J’avais l’impression qu’en prenant des acteurs non professionnel, j’allais bénéficier d’une authenticité propre à des personnes directement tirées de la vie réelle.

Et aussi parce que de toute façon, quand tu veux travailler avec des jeunes, il n’y en a pas beaucoup qui sont professionnels. Rien que par le choix de mes personnages, je partais déjà dans ce dispositif-là, puisqu’il n’y a pas beaucoup de jeunes acteurs professionnels. On a d’ailleurs dû mettre en place tout un système au tournage afin de leur accorder une certaine liberté. Nous avons donc mis toute la lumière au plafond pour pouvoir tourner en 360°.

On essayait de laisser les acteurs répéter une fois pour voir comment la scène avait pris vie dans leur esprit. On n’a finalement pas beaucoup répété.

Alors nous avons beaucoup improvisé autour des personnages qu’ils incarnaient, des groupes, des situations, puis sur le tournage. On s’adaptait beaucoup à leur gestuelle, leur interprétation, pour pouvoir obtenir un rendu plus naturel.

On avait pas de pivots, on savait qu’à tel moment, il fallait qu’on filme une chose ou une autre, ce personnage d’une manière particulière, mais on s’est beaucoup adapté à eux, leur manière d’utiliser l’espace. Du coup ils étaient assez libres de bouger, on ne leur mettait pas des marques, ils n’avaient pas des positions hyper définies.

M.V : Vous laissez les acteurs vous guider. Les rôles ont donc un peu changé. C’est plutôt les acteurs qui vous dirigent, c’est génial !

M.C : Oui, c’est vrai. Cela nous pousse à être beaucoup plus intuitifs et à ressentir les choses.

M.V : Combien de temps il y a eu entre l’idée du film et sa diffusion dans les festivals ? 

M.C : L’idée du film est venue quand j’étais en quatrième année ; donc je crois que le début de l’écriture se situe en 2018. Après, ma première sélection en festival, c’était en septembre 2019. Donc vraiment début 2018, et après, première sélection en festival en septembre 2019 à San Sebastian.

M.V : Les festivals, c’est une étape obligatoire ?

M.C : Non, ce n’est pas obligatoire. J’ai beaucoup appris grâce aux festivals. Je ne vais pas dire plus qu’à l’école, ce n’est pas vrai, mais ça m’a vraiment permis de rentrer dans le monde professionnel, d’être plus consciente, et d’avoir l’impression de faire partie de quelque chose.

Ça m’a ouvert beaucoup d’opportunités , j’ai rencontré des gens qui me ressemblaient et qui venaient du même univers que moi, là où à l’école j’avais du mal à en trouver. Et surtout, ça te donne de la visibilité, ça te permet de rencontrer ton public, ça te permet de te sentir un peu plus légitime aussi. 

C’est hyper gratifiant de pouvoir montrer son film en vue d’être sélectionné. C’est ouf ! Il y a quand même des gens qui reconnaissent ton travail, et qui ont envie de le montrer. L’année dernière, en dépit de la crise sanitaire, les quelques festivals que j’ai pu faire avant le confinement m’ont beaucoup apporté.

M.V : Comment ça se passe, parce que c’est l’école qui produit le film, et toi tu as ton film et tu en fais ce que tu veux après ? Ou ils ont un droit de regard quand même dessus ?

M.C : Moi je n’ai aucun droit sur le film, parce que tu signes une cession de droits, ce qui veut dire que si le film est acheté, je ne perçois aucun revenu puisque ce sont eux les producteurs. Mais malheureusement ils ne s’occupent pas vraiment de la diffusion, donc si je ne l’envoyais pas en festival, il tombait dans l’oubli.

J’ai donc le droit de l’envoyer en festival, mais par exemple je n’avais pas le droit de le mettre en ligne s’ils ne sont pas d’accord, s’il y a des contrats à signer pour les ventes, c’est eux aussi… C’est eux qui décident où il va être diffusé, et si le film peut l’être. Par exemple, s’ils avaient dit « non, je ne veux pas qu’il passe aux Oscars », ils en avaient tout à fait le droit. Mais c’est quand même moi qui m’occupais de toute la distribution en festival.

M.V : Le travail colossal qu’il y a dû y avoir !

M.C : Oui de ouf ! C’était énorme. J’en ai beaucoup appris, donc cela valait le coup. 

Mais ce que je ne savais pas… Mais ça, tu le sais quand tu as une boite de prod, mais tu l’ignores en tant qu’étudiant… Tu dois tout de suite chercher un distributeur pour le film. Comme ça il s’occupe de la distribution en festival, des ventes aux chaînes, etc. Et ça, je ne le savais pas, du coup quand j’ai contacté les distributeurs, c’était trop tard dans le trajet de mon film. Ils aiment bien être là dès le début pour pouvoir établir une stratégie. Dans quel festival, quand, où…

M.V : Tu as donc remporté l’Oscar étudiant, qu’est-ce que l’Oscar étudiant ? J’ignorais l’existence de ce genre de prix !

M.C : Il faut savoir que les États-Unis c’est une culture radicalement différente de la nôtre. Ils aiment bien soutenir de jeunes réalisateurs à travers des programmes de parrainage, du mentorat. Je crois que ces “Student Academy Awards” sont une manière d’offrir un tremplin à de jeunes réalisateurs pour se faire connaître, et de faire partie de quelque chose. 

Maintenant que je suis presque une ancienne élève de l’académie. J’ai l’impression que c’est une manière d’offrir un tremplin à de jeunes réalisateurs, de les soutenir et de faire exister leur travail en dehors de l’école, de les accompagner aussi dans leur transition vers la vie active. C’est super je trouve.

M.V : Quelle est la suite pour toi, et pour ton film ? Il est toujours en tournée dans les festivals ?

M.C : J’ai un peu arrêté parce que ça m’a fatigué, et au bout d’un moment j’ai envie de passer à autre chose. J’ai donc procédé à des lancements en ligne. Il était éligible pour les Oscars parce que j’avais justement remporté ce prix aux Oscars étudiants. Je l’ai donc mis en ligne pour qu’il puisse être vu un maximum.

Ce film m’a tellement apporté, il m’a fait grandir, il m’a donné beaucoup d’opportunités. Alors l’idée c’est que maintenant je continue et j’en fasse d’autres. Et j’espère qu’ils vont également me faire progresser. En plus, ce film, c’est une carte de visite pour moi maintenant.

M.V : Quels sont tes projets personnels désormais ?

M.C : Là, je suis en train d’écrire mon premier long-métrage. Je suis aussi en train de monter un documentaire qui a été tourné il y a trois ans au Burkina Faso. J’ai également écrit mon premier court-métrage en parallèle du long. Et sinon, je suis directrice de casting. J’ai fait du casting sauvage sur un long-métrage, et je suis directrice de casting sur une web-série.

Mais voilà, l’idée c’est que je me concentre vraiment sur la réalisation, du coup sur l’écriture de mon premier long. Je réalise aussi un peu de clips et tente de retourner sur les plateaux, parce que j’ai passé beaucoup de temps à faire la distribution, la diffusion du film, la communication, j’ai beaucoup appris de ça. Mais maintenant, j’ai envie de retourner à ce que j’aime faire, donc réaliser. J’ai beaucoup appris des castings, aussi bien dans le choix des acteurs que de la mise en scène aussi, car le choix des acteurs impacte beaucoup cet aspect de la réalisation.

M.V : As-tu un échec favori, Marie ? Un projet, une situation qui a échouée, alors que tu voulais que ça marche, mais qui s’est par la suite révélé comme un vecteur de changement ?

M.C : Je pense que le fait d’avoir été sous-estimée concernant l’ambition de mon film, et ma faiblesse vis-à-vis de l’écriture, et cela confirmait un peu les craintes de mes professeurs ou même des personnes de mon équipe.

Je ne me suis pas laissée abattre, parce que j’avais conscience de mes capacités et surtout de mes défauts. Et quand je vois le trajet du film, son succès, je pense que l’échec… enfin, je ne peux même pas dire s’il s’agit vraiment d’un échec.

Parce que finalement, oui, je me suis plantée sur le scénario, mais cela a engendré une véritable recherche de solutions afin de communiquer mon histoire d’une manière différente, sur le plateau ou au montage. Cette situation d’urgence m’a permis de me confronter moi-même et de trouver mon identité.