Pauline Le Lann

Concept Artist

Pauline Le Lann est concept artist. Son rôle consiste à transformer une idée en création visuelle pour le jeux vidéo.

Pauline doit faire en sorte aussi que tous les acteurs techniques et artistiques du projet aient la même conception de ce qu’il faut créer.

“Rappelez-vous simplement que ce qui est un coup de pinceau pour vous peut signifier des semaines de travail pour quelqu’un d’autre”. 

Venez découvrir le portrait de Pauline Le Lann qui nous ouvre aujourd’hui les coulisses de son métier.

Maëlle VABRE : En quoi consiste votre métier de concept artist ?

Pauline Le Lann : Le rôle d’un concept artist est de transmettre des idées, de comprendre ce que la production souhaite et de dessiner quelque chose de cool pour le représenter.

Son objectif principal est de véhiculer une idée le mieux possible. Le concept artist n’est pas forcément le meilleur artiste technique, il doit simplement être très créatif et avoir beaucoup d’idées. Il interagit généralement avec les games designers et le directeur artistique et s’assure que ce qu’il fait est cohérent avec le reste du travail de l’équipe.

En tant que concept artist, vous faites tout votre possible pour être au service de votre équipe. Vous êtes là, avant tout, pour les aider. Vous avez l’opportunité d’être un moyen de communication entre les départements en rassemblant visuellement histoire / design / animation / tout.

Vous vous devez d’être précis afin que les personnes travaillant à partir de vos dessins ne soient pas confus.

Rappelez-vous simplement que ce qui est un coup de pinceau pour vous peut signifier des semaines de travail pour quelqu’un d’autre.

M.V : Vous avez un exemple de projet typique ?

P.L : Le concept artist peut travailler sur un tas de projets différents. Il travaille le plus souvent pour les films, les jeux vidéo ou les dessins animés. Sa spécialité peut être dans le charadesign, les environnements et/ou les props.

Vous portez généralement plus de casquettes dans des petites équipes et faites de l’art plus spécialisé dans de plus grandes.

M.V : Quels éléments vous donne-t-on avant de commencer un projet ? Vous impose-t-on des idées de base ?

P.L : En général on nous donne un brief de départ puis on propose différentes idées qui permettront à la production de se projeter davantage et de répondre aux différentes problématiques que les autres équipes peuvent rencontrer.

M.V : Quels sont les films, jeux vidéo ou les rencontres qui ont grandement influencé votre envie de devenir concept artist ?

P.L : Les premiers qui me viennent en tête sont les Final Fantasy, Dofus et Avatar.

M.V : Quel est votre parcours ?

P.L : Après mon bac scientifique, j’ai commencé des études de biologie mais très vite le dessin m’a rappelé à lui. Je ne pensais quasiment plus qu’à ça.

Moi qui ne dessinais presque pas avant, je passais mes journées sur les bancs de la faculté à faire des illustrations. J’ai donc pris un grand risque et décidé de changer de voix.

J’ai d’abord fait une première année de prépa à LISAA sur Paris puis 3 ans à l’école Pivaut sur Nantes en section cinéma d’animation.

M.V : Depuis combien de temps faites-vous ce métier ?

P.L : Je travaille depuis 6 ans mais je fais du concept art depuis 4,5 ans.

M.V : Quel est le meilleur investissement que vous ayez fait, que ce soit en termes de temps, d’argent ou de matériel ?

P. L : Hormis un pc suffisamment puissant pour supporter photoshop, les logiciels 3D et les cintiqs, le meilleur investissement reste les tutoriels.

C’est un milieu où on doit sans cesse continuer à s’améliorer et être au courant des dernières technologies.

M.V : Comment arrive-t-on à se différencier d’autres concept artist ?

P.L : Chaque concept artist a des passions différentes, des qualités différentes, des sources d’inspiration différentes, etc…

Je dirais que ce qui nous différencie d’un autre concept artist c’est le côté humain, notre personnalité et nos centres d’intérêts.

M.V : Comment avez-vous fait pour développer votre réseau ? Est-ce que vous êtes indépendante ou vous êtes rattachée à une société de production ?

P.L : Jusque là j’ai toujours travaillé en studio ce qui m’a permis de doucement créer un réseau et par la même occasion de rencontrer des personnes merveilleuses que j’ai la chance de pouvoir appeler ami à présent.

M.V : Sur quels critères vous basez-vous pour accepter un projet ?

P.L : Je trouve que c’est très important de s’épanouir socialement et artistiquement donc je me base principalement sur le sujet du travail demandé (style du projet, tâches à accomplir) et sur l’ambiance de l’équipe.

M.V : Quels sont les nouveaux comportements, ou les nouvelles habitudes qui ont amélioré votre façon de travailler au cours des trois dernières années ?

P.L : J’ai commencé à utiliser plus de 3D sur certains projets.

M.V : Pour vous, que font les professionnels différemment des débutants dans votre milieu ?

P.L : Je dirais qu’avec plus d’expérience il est plus facile de pouvoir estimer notre temps de travail. On peut donc plus facilement donner un temps précis à la production.

On ose également sortir un peu plus du brief de départ et proposer d’autres idées lorsque le projet s’y prête.

M.V : Que diriez- vous à l’ancienne Pauline qui travaille sur son avenir professionnel ?

P.L : Le travail paie toujours et il ne faut pas se laisser démotiver par les doutes. En tout cas c’est ce que je continue de me dire lorsque je me sens submergée et anxieuse.

M.V : Quel conseil donneriez-vous à une personne en train de travailler sur sa carrière ?

P. L : Choisissez votre spécialité principale, charater ou environnement et mettez tous vos efforts efficacement dans la même direction. Que ce soit l’un ou l’autre, travailler à fond les fondamentaux (anatomie, perspective).

Je leur dirai également de se concentrer sur la création de concept art qui leur permettront d’avoir le travail qu’ils souhaitent. Si vous voulez être concept artist tout ce que vous ferez ce sont des portraits, vous aurez du mal à trouver du travail, pour être concept artist il faut créer des concepts.

Le style de votre portfolio peut être important également. Si vous contactez des studios au style cartoon mais qu’il n’y a que du style réaliste  dans votre portfolio le studio aura plus de mal à se projeter.

J’espère que ces petits conseils pourront vous aider ! Courage et ne baissez pas les bras!