Sarah LELOUCH

Productrice / Réalisatrice

Sarah LELOUCH est productrice,réalisatrice. Elle a réalisé le court-métrage “C’EST DU CAVIAR” qui a gagner de nombreux prix. Auto-productrice Sarah nous parle de son métier et nous donne des conseils pour devenir producteur, réalisateur.

Maëlle VABRE : Sur quel type de projet travaillez-vous en temps que productrice ?

Sarah Lelouch : Je travaille sur des projets de documentaires. En tant que productrice j’ai fait pas mal de choses et en ce moment je travaille sur du documentaire et du long-métrage.

M.V : Pouvez-vous nous donner un exemple de projet typique ?

S.L : Je viens de récupérer les droits d’adaptation d’une pièce de théâtre qui s’appelle “31”. Je produis ce film.

J’ai beaucoup de projets en développement actuellement, en fin de développement ou en financement. “31” c’est un long-métrage dont j’ai récupéré les droits d’adaptation.

Cette pièce de théâtre a été écrite par Stéphane Laporte et nous l’avons adapté pour le cinéma. Le film est en financement.

En tant que productrice j’ai un autre projet de long-métrage qui s’appelle “Nom prénom”. Je développe aussi des documentaires essentiellement sur le rap.

M.V : Vous êtes réalisatrice productrice comment faites-vous pour gérer les deux métiers ?

S.L : Je trouve que ces métiers sont très complémentaires.

J’ai pas le sentiment d’être plus prise… j’ai ces deux casquettes. Au contraire, j’ai plus le sentiment que ça facilite quelques passerelles. Un réalisateur normalement travaille pour un producteur. Vu que je fais les deux je travaille pour moi-même, par moment, je trouve ça difficile et épuisant mais d’un autre côté artistiquement, je suis plus libre.

M.V : Vous avez fait des études ?

S.L : J’ai une maîtrise de communication, une spécialisation dans les médias.

J’ai Bac + 6. Mais j’ai toujours travaillé à côté.

M.V : Quelles sont les mauvaises recommandations que vous entendez dans votre profession ?

S.L : J’ai pas eu de mauvaises recommandations, mais on m’a mis en garde.

Les mauvais conseils c’est “lâche” “laisse tomber”.

C’est des conseils que je n’ai pas envie d’entendre.

Quand les projets sont difficiles à monter ou sont longs, il y a toujours un moment donné où on se dit : “est-ce que je dois persister ou abandonner ?” Pour l’instant je persiste alors que d’autres personnes pourraient me dire d’abandonner.

M.V : Dans votre métier de réalisatrice quel est l’un des meilleurs investissements que vous ayez fait ? ( temps ou argent ou énergie ou matériel )

S.L : En tant que réalisatrice et productrice c’est mon court-métrage “C’EST DU CAVIAR”.

J’ai investi autant de temps que d’argent et c’était un très bon investissement, ça m’a permis de rencontrer des personnes, de gagner un petit peu d’argent, pas grand-chose… j’ai pu rembourser tout ce que j’ai mis.

Je suis contente de ce projet qui continue à vivre.

C’est une carte de visite.

M.V : Vous avez mis combien de temps entre l’idée du court-métrage et la diffusion ?

S.L : Ça a été rapide j’ai eu l’idée en janvier 2015 et le film est sorti en janvier 2016

M.V : Avez-vous un “échec favori” ?

S.L : Je pense que tous les échecs sont formateurs.

Un échec est toujours douloureux, même si on en tire quelque chose de positif sur le moment. Je considère que tout ce qu’on fait a une raison d’être, j’essaie de les transformer.

M.V : Quels sont les films ou les rencontres qui ont grandement influencé votre envie de devenir productrice ?

S.L : Je suis née dans ce milieu, mais c’est pas forcément les rencontres qui m’ont fait envie.

C’est plus mon expérience qui m’a amenée à faire ce que je fais aujourd’hui.

J’ai d’abord été, journaliste, animatrice de télévision.

En tant que animatrice de télévision je me suis rendue compte que je n’avais aucun contrôle sur le contenu et c’est le contenu qui m’intéresse avant tout, pour être maître du contenu je suis devenue productrice.

J’ai lancé ma société de production en 2005 et avant d’être productrice j’avais une certaine forme de frustration dans l’artistique ,c’est la raison pour laquelle j’essaie d’être réalisatrice de mes contenus.

M.V : Que faites-vous lorsque vous vous sentez dépassée lors d’un projet ?  ( trop de choses à faire, financement limité … )

S.L : J’essaie de pas me laisser dépasser par un projet, j’organise. Je fais la liste des priorités, je vais à l’essentiel. Chaque projet est différent chaque projet a une histoire singulière, il y a des contacts, une économie… Je ne me suis jamais sentie dépassée par un projet… Pas encore en tout cas.

M.V : Quel conseil donneriez-vous à un étudiant sur le point d’entrer dans le «monde réel” de l’audiovisuel ?

S.L : C’est de très vite travailler, d’être très vite en pratique. D’observer de persévérer, se mettre très vite au travail, intégrer l’univers qu’on a envie de côtoyer via un stage même à titre bénévole et se rendre indispensable.

Regarder un maximum de films, être capable d’identifier ce qu’il veut faire . Prendre son téléphone pour filmer tout ce qu’il a envie de filmer, qu’il fasse très vite un court-métrage même s’il a pas de moyens.

Le conseil pour un futur producteur ou productrice c’est de toucher à tous les métiers de l’audiovisuel. Avant de devenir producteur, il faut passer par l’artistique, si on passe pas par l’artistique à ce moment-là le producteur a intérêt à s’associer avec une personne qui est passée par l’artistique.

M.V : Quel conseil devrait ignorer un futur réalisateur et producteur ?

S.L : Il ne faut pas écouter des gens négatifs. De manière générale les gens qui sont dans la négativité, ou qui disent que c’est impossible, il faut les fuir.

Moi je n’écoute que les gens qui me disent : “c’est possible”.

Les gens négatifs il faut les fuir. Après si c’est un proche, faut tout de même les écouter et tenter de comprendre leurs arguments. Mais je trouve cela malveillant ceux qui se risquent à dire à ceux qui mettent leur coeur dans leur passion, d’abandonner. Pour l’instant, j’ai de la chance, personne ne me la suggéré.

 

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